Tandis que l’on parle de burn out ou d’épuisement professionnel, il existe une autre réalité négative dans le monde professionnel : celle du surmenage au travail. Difficile à détecter, tant du côté employé qu’employeur, il faut pourtant faire attention à quelques signes avant-coureurs, pour éviter les conséquences dramatiques. Retour sur les dangers du surmenage au travail.

Le surmenage au travail, une véritable maladie

Dans beaucoup de professions, le rythme ou les conditions de travail peuvent mener à une accumulation de stress, qui finit par se transformer en surmenage. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ?

Quelles formes de surmenage ?

Le surmenage est défini comme « l’ensemble des troubles résultant d’un excès d’activité », ce qui s’applique généralement au milieu professionnel. Certains métiers, ou certains individus sont plus sujets à développer cette pathologie que d’autres. Des métiers où le stress est permanent, comme ceux liés au milieu médical, y sont très sensibles.

D’ailleurs, l’Association canadienne de santé publique faisait état en 2016 d’un constat effarent : 17% des médecins ont quitté leur poste de travail, de même qu’un quart des Canadiens, pour des raisons de surmenage, ce qui laisse imaginer à quel point cela peut peser sur un individu.

En effet, le surmenage peut se caractériser de différentes manières. Il est cependant différent d’autres choses, comme :

  • Le simple stress, qui se caractérise par sa temporalité courte
  • L’épuisement émotionnel, qui est aggravé par des situations personnelles
  • Le burn out, qui est l’étape de perte totale de ses moyens

Ainsi, on distingue plusieurs types de surmenage :

  • Le surmenage physique, lorsque l’on a un métier qui nécessite beaucoup de déplacements, des efforts conséquents sur un temps donné
  • Le surmenage émotionnel, qui peut être lié à des situations d’entreprise lourdes, comme le harcèlement moral
  • Le surmenage psychologique, qui se manifeste par une combinaison des deux types de surmenage précédents

Quelques facteurs peuvent permettre de détecter à temps les symptômes du surmenage.

Les facteurs pour détecter une situation de surmenage

 

Afin d’éviter les situations à risque, il est préférable d’être attentif au travail de ses employés, au comportement de son partenaire, ou même, aux attitudes de son collègue de bureau. Les signes peuvent se déclarer du jour au lendemain, mais n’être qu’une expression retardée d’un surmenage latent.

Parmi les facteurs récurrents, on retrouve :

  • Une fatigue, voire une sensation de vide, vous envahit
  • Cela s’accompagne d’une sensibilité accrue aux petites infections : vous avez souvent mal à la tête, des petits rhumes
  • Votre capacité de concentration, de mémorisation est réduite
  • De même que votre envie de prendre des initiatives : vous n’avez pas de motivation
  • Le contact avec les autres est difficile, voire pénible

Il existe un test de dépistage du surmenage, auquel les individus peuvent répondre en toute franchise : c’est le premier cap vers une guérison.

Quelles conséquences et comment remédier à cette situation ?

Le surmenage est une situation très sérieuse, qui mène souvent à des arrêts maladie et donc, des absences dans les sociétés.

Les conséquences possibles

Au-delà de travailler avec un collègue irritable, à fleur de peau, d’humeur changeante et sans ambition professionnelle, le surmenage peut avoir d’autres conséquences néfastes, pour l’individu et son environnement direct.

On retiendra, notamment :

  • Les conséquences sur l’organisme : une fatigue non récupérée, des bobos à répétition, peuvent affaiblir durablement l’organisme, et favoriser l’apparition de maladies cardio-vasculaires
  • Les conséquences sur l’individu : ce dernier se sent dévalorisé, vidé, et particulièrement pessimiste, ce qui rend toute tentative de soin vaine
  • Les conséquences sur le monde du travail : l’individu y perd en crédibilité, il se voit confier moins de missions, ce qui entraîne un cercle vicieux de perte de confiance en soi
  • Les conséquences sur l’entourage : ce sont généralement les premiers à souffrir du surmenage de leurs parents, de leur partenaire de vie, de leurs amis, ce qui fragilise l’espace de confiance instauré dans la sphère intime

Du surmenage au burn out, il n’y a qu’un pas, surtout si rien n’est fait pour traiter le surmenage.

Comment agir efficacement contre le surmenage ?

La première étape de guérison consiste à réaliser un test de dépistage du surmenage, seul(e) ou à plusieurs. Une fois diagnostiqué, il faut agir à plusieurs niveaux pour remédier au sentiment de surmenage d’un individu :

  • Au sien : en prenant acte de sa situation, en prenant conscience de sa maladie, et en acceptant de suivre un traitement
  • À l’échelle de l’entreprise : une prise en charge psychologique et pharmaceutique doit être mise en place dès le diagnostic, de même que des mesures préventives (à la fois individuelles et collectives)
  • À l’échelle de la sphère privée : encourager la prise d’initiative, être dans un cercle d’idées positives, rééquilibrer son alimentation

C’est là tout un processus qui peut prendre des semaines, voire des mois, à guérir. D’où la nécessité de pratiquer, au sein de l’entreprise, des opérations de prévention.

En définitive, si le surmenage est différent de l’épuisement émotionnel ou du burn out, il n’en reste pas moins similaire. Les causes et les conséquences sont presque identiques, seule la possibilité de guérison peut varier. À vous de mettre de place tous les éléments nécessaires pour cela !