Changement d’entreprise, lassitude, contraintes professionnelles, désir de réapprendre, de plus d’autonomie, besoin de mobilité, de plus de flexibilité, etc., les raisons qui poussent à choisir la réorientation de carrière sont variées et toutes personnelles. Alors comment bien réorienter sa carrière professionnelle et y a-t-il un meilleur moment pour s’y atteler ?

La réorientation de carrière : pour qui ?

Les nécessités de mobilité des entreprises et des travailleurs sont de plus en plus ancrées dans les pratiques courantes. Il est ressorti du recensement de 2016 que 12 % des travailleurs québécois avaient déménagé dans la province pour raisons professionnelles au cours des 5 dernières années. De plus, la durée et la distance du déplacement entre la maison et le travail continuent d’augmenter, une donnée non négligeable qui contribue à la lassitude et au stress.

Par ailleurs, 15 % des employés ne se voient pas travailler dans un an là où ils sont aujourd’hui, selon des statistiques compilées par OfficeVibe. Autres chiffres intéressants, 63 % des employés sont en recherche active d’emploi et pas loin d’un employé sur deux en Amérique du Nord se dit prêt à quitter son emploi actuel pour le job de ses rêves, même si cela entraînerait une baisse de salaire.

Pour ces raisons, et d’autres, de plus en plus d’employés ou ex-employés se tournent vers la réorientation professionnelle. Si la réorientation de carrière s’est inscrite dans la norme, nombreux sont les travailleurs qui se posent des questions à ce sujet.

Certains se demandent par exemple s’ils doivent se sentir concernés. Il est clair qu’aujourd’hui la démarche de réorientation professionnelle ne s’adresse pas qu’aux chômeurs ou aux personnes sous-qualifiées. C’est, toujours plus souvent, une démarche de recherche d’un meilleur travail (mieux payé ou plus intéressant, peu importe) ou d’un meilleur environnement de travail.

Quelles sont les étapes de la réorientation de carrière ?

Pour imager, prenons un exemple concret. Vous en avez marre de gagner mal votre vie dans un emploi de bureau et vous avez entendu que de nombreuses entreprises sont en recherche d’analystes de données, des postes très bien payés. Cela a retenu votre attention car, à vos heures de libre, il vous arrive de programmer un peu. Auriez-vous les compétences nécessaires pour postuler ?

Cette question dans ce type d’exemple se posera de plus en plus souvent avec l’avènement des nouvelles technologies désormais présentes partout. Au lieu d’effrayer, ces technologies devraient être accueillies pour pouvoir les maîtriser car elles deviennent inévitables, même si l’on est coiffeur.

Les différentes étapes qui mènent sur le parcours passionnant de la réorientation de carrière sont, dans l’ordre :

  • éprouver le désir de changer de poste, d’environnement ou de vie
  • explorer son parcours personnel, réécrire son CV
  • consulter un conseiller d’orientation
  • réaliser un bilan de compétences
  • postuler

Réorientation de carrière : le bilan de compétences en détails

Qu’est-ce exactement qu’un bilan de compétences ? Ce sera généralement avec l’appui d’un conseiller d’orientation que vous réaliserez votre bilan de compétences. Pour certains employeurs, il peut avoir valeur de diplôme suivant les conditions.

C’est une démarche structurée, introspective et analytique qui permet de reconsidérer chacune de ses expériences professionnelles pour en faire ressortir les éléments qui paraissent essentiels.

Une démarche type en bilan de compétence peut se résumer par :

  • qui je suis, qu’est-ce qui me définit (personnalité, traits de carrière marquants, intérêts, etc.)
  • quel est mon projet (motivations, exigences, réalités, etc.)
  • quel sera mon plan d’action (échéances, tableau SMART : Spécifique, Mesurable, Ambitieux, Réaliste, Temps)

L’Ordre des conseillers et des conseillères d’orientation du Québec peut vous aider à trouver une conseillère ou un conseiller d’orientation qui se tiennent prêts à vous accompagner dans votre démarche de réorientation.

Existe-t-il des aides à la réorientation professionnelle ?

Les services publics d’aide à l’orientation sont présents dans :

  • les établissements publics
  • les commissions scolaires
  • les collèges
  • les universités
  • les services ouverts au public des universités
  • les centres locaux d’emploi (CLE)
  • les organismes communautaires

Ces services sont généralement gratuits et s’adressent parfois à des clientèles définies, comme par exemple les :

  • étudiants
  • immigrants
  • femmes
  • personnes de 50 ans et plus

D’autres organismes comme Ma place au soleil, qui s’adresse aux jeunes parents prestataires d’une aide financière de dernier recours qui veulent reprendre leurs études, visent des missions spécifiques de réorientation professionnelle.

Citons encore le Programme d’aide à l’intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME) ou le Programme de soutien pour les travailleurs licenciés collectivement. La liste complète est sur le portail de Travail, Emploi et Solidarité sociale.

La réorientation de carrière avec l’appui d’un coach

La transition de carrière peut parfois nécessiter des méthodes plus poussées dispensées par un coach professionnel.

C’est plus spécifiquement vrai pour la tranche d’âge des 40 à 55 ans pour plusieurs raisons liées à une forme de remise en question motivée notamment par :

  • un désir de se surpasser qui diminue, puisque ces personnes n’ont plus rien à prouver à personne d’autre qu’à elles-mêmes
  • leurs valeurs changent et, si l’emploi qu’ils occupent n’y correspond plus, ils préfèrent choisir un environnement plus sain
  • le salaire qui n’est plus un motif principal de motivation
  • leurs disponibilités ont changé, les enfants ont grandi et penser à soi redevient prioritaire

Le coaching peut aussi avoir lieu à distance (par téléphone ou Skype) ou encore être proposé par méthode logicielle (auto-coaching). Un coach professionnel ne sera bien entendu pas gratuit, mais il est en mesure d’apporter son efficacité et son retour d’expérience aussi bien aux entrepreneurs qu’aux professionnels. Il saura dire à la personne de notre exemple plus haut si ses compétences et son projet correspondent à la réalité du marché.

Dernier point, le marché québécois de l’emploi est en ce moment en situation de plein, mais en manque de personnel qualifié et très qualifié. Dans ce genre de situation économique particulière, favorable aux immigrants diplômés et qualifiés, les Québécois ont tout avantage à envisager la réorientation professionnelle et ne pas hésiter à viser l’emploi de leurs rêves.

Santé, biotechnologies, métallurgie, tourisme ou encore transport, construction et environnement sont les secteurs les plus en demande en 2018. Il serait peut-être temps de songer à la réorientation de carrière et de viser haut quel que soit votre âge !